Appel d'avril 2016

  • La méthode traditionnelle d'extraction d'huile de palme est peu efficiente.

Guinée. Depuis des générations, la fabrication d’huile rythme la vie des habitants de Songoronya. Mais la transformation traditionnelle est chronophage et les résultats sont décevants en termes de qualité et de quantité. Un changement se profile…

Les villageois de Songoronya, petit village typique des hauts-plateaux de la région de Kindia, ont décidés de professionnaliser leurs méthodes d’extraction d’huile provenant du fruit du palmier qui pousse à l’état sauvage dans leur région. Le village porte le petit surnom évocateur « la palmeraie ». Plusieurs heures sont nécessaires pour parcourir des pistes défoncées afin d’atteindre le village quasi exclusivement composé de maisons traditionnelles aux toits de chaume. L’électricité est aux abonnés absents.
A cause du manque d’infrastructures et d’outils de transformation, les femmes sont obligées de transformer à la main une partie de la récolte et de laisser l’autre partie, non-négligeable, pourrir à même le sol. Pour traiter 40 kg de drupes (fruits) de palmier à huile, il faut compter 3 heures de dur labeur avec à la clé au grand maximum 5 litres d’huile ! La mise en place d’une unité de transformation est donc la solution pour permettre une exploitation rentable et durable des fruits du palmier.

L’huile de palme dans le collimateur
Avez-vous bien lu : « Une unité de transformation d’huile de palme » ? Mais attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La problématique de l’huile de palme est complexe. Gare aux amalgames : certes, la monoculture du palmier à huile détruit l’environnement et contribue aux changements climatiques, mais dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, il s’agit de « culture » à l’état sauvage. Le palmier à huile serait du reste originaire de Guinée. Depuis des siècles, son huile, tant décriée, a une place centrale dans l’alimentation locale. La transformation sur place est d’ordre familial. Elle est d’ailleurs aujourd’hui de plus en plus menacée par les importations d’huiles de palme asiatiques et d’autres huiles végétales raffinées.

Une solution locale et durable
Une unité de transformation locale est donc idéale pour valoriser un savoir-faire préexistant du groupement des femmes productrices de Songoronya. Elle permettra aussi de professionnaliser le processus et d’extraire nettement plus d’huile dans un laps de temps réduit pour obtenir un résultat homogène et de qualité. Toutes les possibilités de valorisation du fruit du palmier seront opérées au niveau de l’unité : production de l’huile de palme, extrait du fruit ; production d’huile de palmiste, extrait du noyau ; des déchets, tels que les coques comme combustible durant le processus de transformation, ce qui permet ainsi de limiter le recours au bois. Et ce n’est pas tout : le tourteau pourra nourrir le bétail. Les 100 membres du groupement n’attendent plus que le démarrage des travaux.
Merci infiniment de soutenir cette initiative pour encourager ce projet : il utilise des ressources locales et par la même occasion, offre des alternatives crédibles à l’exode rural.

Xavier Mühlethaler

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