Juin 2018 : Soutenez les Wampis dans leur lutte contre la pollution de leur forêt

  • Sites d’orpaillage et d’extraction forestière illégale dans le bassin Santiago, documentés par les moniteurs de Fecohrsa.

Le peuple Wampis (Jivaro) habite au nord-ouest de l’Amazonie péruvienne dans une région isolée et difficile d’accès, proche de la frontière équatorienne. Il s’agit du bassin de la rivière Santiago, un territoire qui est presque entièrement recouvert de forêt tropicale humide et qui constitue un réservoir de biodiversité. Environ 5000 indigènes répartis dans 30 communautés vivent dans une région de 3200 km2, soit l’équivalent de la superficie du canton de Vaud. Les Wampis dépendent en grande partie des ressources de la forêt pour subvenir à leurs besoins.

Grandes pressions
Ces dernières années, l’intégrité de leur territoire est menacée par des activités liées à l’exploitation pétrolière, minière et forestière. En particulier, les chercheurs d’or contaminent les cours d’eau avec du mercure, qu’ils utilisent pour extraire le métal précieux. Désormais, le mercure menace gravement la santé des Wampis.

Surveillance territoriale
Pour faire face à ces problèmes, les communautés Wampis s’organisent. Les dirigeants de la Fédération des communautés Wampis de la rivière Santiago (Fecohrsa) sont déterminés à empêcher le développement des activités extractives illégales sur leur territoire. En 2014, ils ont mis en place un programme pour former et équiper des moniteurs indigènes capables de se documenter et de dénoncer ces activités. Ainsi, lorsque les moniteurs identifient un site d’orpaillage, ils le localisent avec la fonction GPS de leur smartphone et le documentent avec des photos et des vidéos. Ces informations sont ensuite communiquées aux services étatiques responsables de la protection de l’environnement et à l’opinion publique.

Un programme encourageant
Au cours des dernières années et sur la base de ce travail, plusieurs orpailleurs illégaux ont été expulsés par la population Wampis. En 2017, les moniteurs ont découvert de nouveaux sites illégaux d’orpaillage et d’extraction forestière et en ont parlé. Il est important qu’ils puissent continuer à travailler et à fournir des informations permettant de signaler les faits aux représentants de l’État. D’ailleurs, le Gouvernement péruvien a annoncé la création prochaine d’un poste de police dans le chef-lieu régional, Puerto Galilea, pour mieux s’opposer aux activités illicites dans la région.

Pour que son programme puisse continuer à fonctionner, la Fecohrsa a besoin de soutiens financiers. Les distances à parcourir pour surveiller le territoire sont grandes, ce qui implique des frais importants et les communautés indigènes elles-mêmes n’ont que très peu de moyens pour appuyer leur fédération. La prise en charge d’un moniteur indigène revient à CHF 115.– par mois. Nous cherchons à soutenir 6 moniteurs sur une durée de 12 mois. Nous vous remercions chaleureusement de votre soutien.

Aurélien Stoll et Jeremy Narby

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